Quotation from David Ben Gourion “Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place” — Oct. 5 1937
Lettre à son fils Amos.
Author :
- Ben Gurion, David (1886-1973) ( 97 quotations )
- No Zionism without colonialist protectors ( 41 quotations )
- Colonization: never more than breaks ( 58 quotations )
- Ethnic cleansing through violence ( 146 quotations )
(Cette traduction considère que les mots rayés du manuscrit l’ont bien été par Ben Gourion)
" « Cher Amos
Je n’ai pas été en colère contre toi, mais très peiné de ne pas avoir de réponse de toi. Je ne peux pas accepter l’excuse du manque de temps. Je sais que tu as beaucoup de travail à l’école, dans les champs et à la maison, et je suis heureux que tu sois si occupé par tes études. Mais on peut toujours trouver du temps libre s’il le faut, pas seulement pendant le Sabbat mais aussi en semaine. Ton excuse, que je vais d’un pays à l’autre, n’est pas convaincante. Tu peux m’écrire à Londres. Ici, ils [le bureau de l’Agence Juive] savent toujours où je suis, et ils transmettent efficacement mon courrier. Quant-à la question de mon affiliation au Comité exécutif [de l'Agence juive], je t'expliquerai en personne quand je te rencontrerai à Tel-Aviv à mon retour. Ici je veux parler du conflit que tu connais entre ta raison et tes émotions concernant la question de l'État. Les questions politiques ne devraient pas être une question d'émotions. La seule chose qui devrait compter elle ce que nous voulons et ce qui est le mieux pour nous, ce qui mènera à l'objectif, et quelles sont les orientations qui nous mèneront au succès et lesquelles nous feront échouer.
Il me semble que, moi aussi, j'ai des « émotions » [guillemets dans l'original. Hébreu regesh]. Sans ces émotions, je n'aurais pas été capable d'endurer les décennies de notre dur travail. Assurément, ça ne blesse pas mes sentiments [regesh] qu'un État soit établi, même s’il est petit.
Bien sûr le partage du pays ne me fait pas plaisir. Mais le pays qu'ils [la Commission royale (Peel)] partagent n'est pas en notre réelle possession ; elle est en possession des Arabes et des Anglais. Ce qui est en notre réelle possession est une petite portion, moins que ce qu'ils [la commission Peel] proposent pour un État juif.
Si j'étais un Arabe, j'aurais été très indigné. Mais dans ce partage proposé, nous obtiendrons plus que ce que nous avons déjà, quoique bien sûr bien moins que ce que nous méritons et désirons. La question est : obtiendrions-nous plus sans partage ? Si les choses devaient rester comme elles sont [souligné dans l'original], ceci satisferait-il nos sentiments ? Ce que nous voulons réellement n'est pas que la terre reste entière et unifiée. Ce que nous voulons c'est que la terre entière et unifiée soit juive [souligné dans l'original]. Un Eretz Israel unifié de me donnerait pas satisfaction – s'il était arabe.
De notre point de vue, le statu quo est un poison mortel. Nous voulons changer le statu quo [souligné dans l'original]. Mais comment peut arriver ce changement ? Comment cette terre peut-elle devenir nôtre ? La question décisive est : l'établissement d'un État juif [sur une partie seulement de la Palestine] avance t-il ou retarde-t-il la conversion de ce pays en un pays juif ?
Si je suis un adepte tellement enthousiaste de la création d’un État juif maintenant, même s’il faut pour cela accepter le partage de la terre, c’est parce que je suis convaincu qu’un État juif partiel n’est pas une fin mais un début. Comme nous acquérons 1000 ou 10 000 dunams, nous en sommes ravis. Ça ne blesse pas nos sentiments que par cette acquisition nous ne soyons pas en possession de toute la terre. Car nous savons que l’acquisition que nous ferions n’est pas seulement importante en tant que telle mais aussi parce qu’elle nous permet d’accroître notre force, tout accroissement de force nous rapprochant de l’acquisition du pays tout entier. La création d’un État, même partiel, constituerait aujourd’hui un accroissement majeur de notre force, elle constituerait un puissant levier dans notre effort historique pour la rédemption du pays tout entier.
Nous admettrons dans l'État tous les Juifs que nous pouvons. Je crois fermement que nous pouvons admettre plus de 2 millions de Juifs. Nous construirons une économie multiforme – agricole, industriel et maritime. Nous organiserons une force de défense avancée – je n’ai pas de doutes que notre armée sera parmi les plus remarquables du monde – et je suis donc certain qu’on ne sera pas empêchés de coloniser le reste du pays, soit par accord mutuel et arrangement avec nos voisins Arabes, soit autrement.
Nous devons toujours garder à l'esprit les vérités fondamentales qui rendent notre colonisation de cette terre impérative est possible. Il y en a deux ou trois : ce ne sont pas le mandat britannique ni la déclaration Balfour. Ceux-ci sont des conséquences, pas des causes. Ils sont les produits de coïncidences : contingents, éphémères, et ils prendront fin. Ils n'étaient pas inévitables. Ils auraient pu ne pas avoir lieu sans la guerre mondiale, ou plutôt, il n'aurait pas eu lieu, si la guerre n'avait pas fini comme elle l'a fait.
Mais par ailleurs, il y a des vérités historiques fondamentales [souligné dans l'original], inaltérables tant que le sionisme n'est pas complètement réalisé. Ce sont :
1) La pression de l'exil, qui continue à propulser les Juifs vers le pays
2) La Palestine est grandement sous-peuplée. Elle contient un vaste potentiel de colonisation que les Arabes n'ont pas besoin d'exploiter ni n'y sont qualifiés (à cause de leur manque de besoin)
3) Les talents d'innovation des Juifs (une conséquence du 1 ci-dessus), leur capacité à faire fleurir le désert, a créer une industrie, à construire une économie, à développer la culture, à conquérir la mer et l'espace avec l'aide de la science et de l'activité pionnière. Ces trois vérités fondamentales seront renforcées par l'existence d'un État juif dans une partie du pays, tout comme le sionisme sera renforcé par toute conquête, grande ou petite, toute école, toute usine, tout navire juif, etc. Notre capacité à pénétrer le pays augmentera si nous avons un État. Notre force vis-à-vis des Arabes augmentera pareillement. Les possibilités de construction et de multiplication s'étendront rapidement. Plus grande sera la force juive dans le pays, plus les Arabes réaliseront qu'il n'est ni avantageux ni possible pour eux de nous résister. Au contraire, il sera possible pour les Arabes de bénéficier énormément des Juifs, non seulement matériellement mais aussi politiquement.
Je ne rêve pas de guerre ni ne l’aime. Mais je persiste à croire, plus que je ne le faisais avant l'émergence de la possibilité d'un État juif, que quand nous serons nombreux et forts, les Arabes comprendront qu’il vaut mieux pour eux passer une alliance avec nous, et bénéficier de notre aide, à condition qu’ils nous permettent de bon gré de nous établir dans toutes les régions de la Palestine.
Les Arabes ont de nombreux pays sous-peuplés, sous-développés et vulnérables, incapables par leur propre force de résister à leurs ennemis extérieurs. Sans la France, la Syrie ne tiendrait pas un jour contre un assaut de la Turquie. Ceci s'applique aussi à l'Irak et au nouvel état [palestinien, selon le plan Peel]. Tous ont besoin de la protection de la France ou de la Grande-Bretagne. Ce besoin de protection signifie soumission et dépendance à l'autre. Mais les Juifs pourraient être des alliés égaux, de vrais amis, pas des occupants ou des tyrans à leur égard.
Faisons l'hypothèse que le Néguev ne soit pas alloué à l'État juif. Dans un tel cas, le Néguev restera aride parce que les Arabes n'ont ni la compétence ni le besoin de le développer ou de le faire prospérer. Ils ont déjà une abondance de déserts mais pas de main-d'œuvre, de ressources financières ou d'initiatives créatrices. Il est très probable qu'ils accepteraient que nous entreprenions le développement du Néguev et le fassions prospérer en échange de notre assistance financière, militaire, organisationnelle et scientifique. Il est aussi possible qu'ils n'acceptent pas. Les gens ne se comportent pas toujours conformément à la logique, au bon sens ou à leurs propres intérêts. Juste comme tu es toi-même parfois partagé entre ton esprit des émotions, il est possible que les Arabes suivent les dictats des émotions nationalistes stériles et nous disent : “Nous ne voulons ni de votre miel, ni de votre aiguillon. Nous préférons que le Néguev reste aride plutôt que les Juifs n'y habitent. » Si ceci a lieu, nous devrons leur tenir un autre langage – et nous aurons un autre langage – mais un tel langage ne sera pas le nôtre sans un État.
C'est ainsi parce que nous ne pouvons plus tolérer que de vastes territoires capables d'absorber des dizaines de milliers de Juifs doivent rester vacants, et que les Juifs ne puissent pas revenir dans leur patrie parce que les Arabes préfèrent que le lieu [le Néguev] reste ni à nous ni à eux. Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place. Jusqu'à présent, toutes nos aspirations ont été basées sur une hypothèse – l'une qui a été faite valoir au cours de nos activités dans le pays – qu'il y a assez de place dans la terre pour les Arabes et pour nous. Mais si nous devons utiliser la force -non pas pour déposséder les Arabes du Negev et de la Transjordanie, mais pour garantir notre propre droit à nous installer dans ces lieux - nous avons la force à notre disposition.
Clairement dans ce cas nous aurons affaire non seulement avec les Arabes vivants dans Eretz Israël, car il est très probable que les Arabes des pays voisins viendront les aider contre nous. Mais notre force sera supérieure à la leur. Non seulement parce que nous serons mieux organisés et mieux équipés, mais parce que derrière nous, il y a une plus grande force encore, supérieure en quantité et en qualité. C’est le réservoir des millions [de Juifs] de la Diaspora.
Toute notre jeune génération de Pologne, Roumanie, d'Amérique et d'autres pays courra à notre aide au déclenchement d'un tel conflit. Je prie Dieu que ceci n'ait pas lieu. Cependant, l'État juif ne reposera pas seulement sur les Juifs qui y vivent, mais sur le peuple juif vivant dans tous les coins du globe : les nombreux millions qui ont hâte et qui sont contraints [souligné dans l'original] de s'établir en Palestine. Il n'y a pas de millions d'Arabes qui sont contraints ou désireux de s'établir en Palestine. Bien sûr il est vraisemblable que des aventuriers et des gangs arabes viendront de Syrie ou d'Irak ou d'autres pays arabes, mais ils ne seront pas à la hauteur des dizaines et centaines de milliers de jeunes Juifs pour qui Eretz Israel n'est pas seulement une question émotionnelle, mais à valeur égale personnelle et nationale.
Pour cette raison, j'attache une énorme importance à la conquête de la mer et à la construction d'un port et d'une flotte juive. La mer est le pont entre les Juifs de ce pays et la diaspora juive – les millions de juifs de différentes parties du monde. Nous devons créer les conditions nous permettant en temps de nécessité d'amener dans le pays sur nos propres bateaux opérés par nos propres équipages, des dizaines de milliers de jeunes hommes. Entre-temps, nous aurons préparé ces jeunes hommes alors qu'ils sont encore la diaspora pour les taches qui les attendent ici. J'ai confiance que l'établissement d'un État juif, même si c'est seulement dans une partie du pays, nous permettra d'accomplir cette tâche. Une fois un État établi, nous aurons le contrôle sur la mer d’Eretz Israël. Nous activités en mer comporteront alors des réalisations étonnantes.
À cause de tout ce qui précède, je ne ressens pas de conflit entre mon esprit et mes émotions. Toutes deux me déclarent : un État juif doit être établi immédiatement même s'il n'est que sur une partie du pays. Le reste suivra au cours du temps. Un État juif viendra.
Shalom Rav. "
" "Dear Amos,
I was not angry at you, but I was very sorry indeed that there was no reply from you. I cannot accept the excuse that you have no time. I know you have a lot of work at school, in the field, and at home, and I am happy that you are so preoccupied with your studies. But it is always possible to find free time if necessary, not only on Sabbath days but even during weekdays. Your excuse that I keep moving from one country to another is not convincing. You can write to me in London. Here they [the Jewish Agency office] always know where I am, and they are efficient in forwarding my mail. As to the question of my membership in the executive committee [of the Jewish Agency], I shall explain to you in person if I meet you in Tel Aviv upon my return. Here what I want to talk about is the conflict you are experiencing between your reason and your emotions with regard to the question of the state. Political matters should not be a question of emotions. The only thing that should be taken into account is what we want and what is best for us, what will lead to the objective, and which are the policies that will make us succeed and which will make us fail.
It seems to me that I, too, have "emotions" [quotation marks in original. Hebrew: regesh]. Without these emotions I would not have been able to endure decades of our hard work. It definitely does not hurt my feelings [regesh] that a state is established, even if it is small.
Of course the partition of the country gives me no pleasure. But the country that they [the Royal (Peel) Commission] are partitioning is not in our actual possession; it is in the possession of the Arabs and the English. What is in our actual possession is a small portion, less than what they [the Peel Commission] are proposing for a Jewish state.
If I were an Arab I would have been very indignant. But in this proposed partition we will get more than what we already have, though of course much less than we merit and desire. The question is: would we obtain more without partition? If things were to remain as they are [emphasis in original], would this satisfy our feelings? What we really want is not that the land remain whole and unified. What we want is that the whole and unified land be Jewish [emphasis original]. A unified Eretz Israeli would be no source of satisfaction for me-- if it were Arab.
From our standpoint, the status quo is deadly poison. We want to change the status quo [emphasis original]. But how can this change come about? How can this land become ours? The decisive question is: Does the establishment of a Jewish state [in only part of Palestine] advance or retard the conversion of this country into a Jewish country?
My assumption (which is why I am a fervent proponent of a state, even though it is now linked to partition) is that a Jewish state on only part of the land is not the end but the beginning.
When we acquire one thousand or 10,000 dunams, we feel elated.
It does not hurt our feelings that by this acquisition we are not in possession of the whole land.
This is because this increase in possession is of consequence not only in itself, but because through it we increase our strength, and every increase in strength helps in the possession of the land as a whole. The establishment of a state, even if only on a portion of the land, is the maximal reinforcement of our strength at the present time and a powerful boost to our historical endeavors to liberate the entire country.
We shall admit into the state all the Jews we can. We firmly believe that we can admit more than two million Jews. We shall build a multi-faceted Jewish economy-- agricultural, industrial, and maritime. We shall organize an advanced defense force—a superior army which I have no doubt will be one of the best armies in the world. At that point I am confident that we would not fail in settling in the remaining parts of the country, through agreement and understanding with our Arab neighbors, or through some other means.
We must always keep in mind the fundamental truths that make our settlement of this land imperative and possible. They are two or three: it is not the British Mandate nor the Balfour Declaration. These are consequences, not causes. They are the products of coincidence: contingent, ephemeral, and they will come to an end. They were not inevitable. They could not have occurred but for the World War, or rather, they would not have occurred if the war had not ended the way it did.
But on the other hand there are fundamental [emphasis original] historical truths, unalterable as long as Zionism is not fully realized. These are:
1) The pressure of the Exile, which continues to push the Jews with propulsive force towards the country
2) Palestine is grossly under populated. It contains vast colonization potential which the Arabs neither need nor are qualified (because of their lack of need) to exploit. There is no Arab immigration problem. There is no Arab exile. Arabs are not persecuted. They have a homeland, and it is vast.
3) The innovative talents of the Jews (a consequence of point 1 above), their ability to make the desert bloom, to create industry, to build an economy, to develop culture, to conquer the sea and space with the help of science and pioneering endeavor. These three fundamental truths will be reinforced by the existence of a Jewish state in a part of the country, just as Zionism will be reinforced by every conquest, large or small, every school, every factory, every Jewish ship, etc. Our ability to penetrate the country will increase if we have a state. Our strength vis-à-vis the Arabs will likewise increase. The possibilities for construction and multiplication will speedily expand. The greater the Jewish strength in the country, the more the Arabs will realize that it is neither beneficial nor possible for them to withstand us. On the contrary, it will be possible for the Arabs to benefit enormously from the Jews, not only materially but politically as well.
I do not dream of war nor do I like it. But I still believe, more than I did before the emergence of the possibility of a Jewish state, that once we are numerous and powerful in the country the Arabs will realize that it is better for them to become our allies. They will derive benefits from our assistance if they, of their own free will, give us the opportunity to settle in all parts of the country. The Arabs have many countries that are under-populated, underdeveloped, and vulnerable, incapable with their own strength to stand up to their external enemies. Without France, Syria could not last for one day against an onslaught from Turkey. The same applies to Iraq and to the new [Palestinian] state [under the Peel plan]. All of these stand in need of the protection of France or Britain. This need for protection means subjugation and dependence on the other. But the Jews could be equal allies, real friends, not occupiers or tyrants over them.
Let us assume that the Negev will not be allotted to the Jewish state. In such event, the Negev will remain barren because the Arabs have neither the competence nor the need to develop it or make it prosper. They already have an abundance of deserts but not of manpower, financial resources, or creative initiative. It is very probable that they will agree that we undertake the development of the Negev and make it prosper in return for our financial, military, organizational, and scientific assistance. It is also possible that they will not agree. People don’t always behave according to logic, common sense, or their own practical advantage. Just as you yourself are sometimes split conflicted between your mind and your emotions, it is possible that the Arabs will follow the dictates of sterile nationalist emotions and tell us: “We want neither your honey nor your sting. We’d rather that the Negev remain barren than that Jews should inhabit it.” If this occurs, we will have to talk to them in a different language—and we will have a different language—but such a language will not be ours without a state.
This is so because we can no longer tolerate that vast territories capable of absorbing tens of thousands of Jews should remain vacant, and that Jews cannot return to their homeland because the Arabs prefer that the place [the Negev] remains neither ours nor theirs. We must expel Arabs and take their place. Up to now, all our aspirations have been based on an assumption – one that has been vindicated throughout our activities in the country – that there is enough room in the land for the Arabs and ourselves. But if we are compelled to use force – not in order to dispossess the Arabs of the Negev or Transjordan, but in order to guarantee our right to settle there – our force will enable us to do so.
Clearly in such event we will have to deal not only with the Arabs living in Eretz Israel, since it is very probable that Arabs from the neighboring countries will come to their aid. But our power will be greater, not only because we will be better organized and equipped, but also because behind us stands a force still greater in quantity and quality. This is the reservoir of the millions in the Diaspora. Our entire younger generation of Poland, Romania, America, and other countries will rush to our aid at the outbreak of such a conflict. I pray to God that this does not happen at all. Nevertheless the Jewish state will not rely only on the Jews living in it, but on the Jewish people living in every corner of the world: the many millions who are eager and obliged [emphasis original] to settle in Palestine. There are not millions of Arabs who are compelled or willing to settle in Palestine. Of course it is likely that Arab adventurers and gangs will come from Syria or Iraq or other Arab countries, but these can be no match for the tens and hundreds of thousands of young Jews to whom Eretz Israel is not merely an emotional issue, but one that is in equal measure both personal and national.
For this reason I attach enormous importance to the conquest of the sea and the construction of a Jewish harbor and a Jewish fleet. The sea is the bridge between the Jews of this country and the Jewish Diaspora – the millions of Jews in different parts of the world. We must create the conditions that will enable us in times of necessity to bring into the country in our own ships manned by our own seamen, tens of thousands of young men. Meanwhile we must prepare these young men while they are still in the Diaspora for whatever task awaits them here. I am confident that the establishment of a Jewish state, even if it is only in a part of the country, will enable us to carry out this task. Once a state is established, we shall have control over the Eretz Israeli sea. Our activities in the sea will then include astonishing achievements.
Because of all the above, I feel no conflict between my mind and emotions. Both declare to me: A Jewish state must be established immediately, even if it is only in part of the country. The rest will follow in the course of time. A Jewish state will come.
My warm greetings [Hebrew: Shalom Rav]. "
Traduit de l’anglais à partir du texte établi par l’Institute of Palestine Studies, Beyrouth
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